Padjelanta en hiver

De RITSEM à KVIKKJOKK - Avril 2003


Jalons sur le lac  Akka gelé

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Arrivés en avion à Gällivare (de Paris via Stockholm), nous nous rendons à Ritsem en bus le lendemain, après avoir trouvé non sans mal quelques litres de carburant (white gas) pour notre réchaud. Nous campons près de la Fjellstation de Ritsem. C'est le point de départ de la première étape, qui consiste à traverser le lac Akka. En hivers le lac est gelé en principe, et il suffit de longer les jalons pour atteindre en toute sécurité l'autre rive sur laquelle se trouve le refuge Akka. La randonnée de Padjelanta offre l'avantage d'avoir des refuges tout au long de son parcours. Ils sont distants de 10 à 20 kilomètres. Souvent un refuge suédois est composé d'un ensemble de cabannes dont l'une au moins est ouverte, même en hiver ou pendant les périodes où il n'est pas gardé.

Ces refuges n'ont ni eau courante ni electricité. Le chauffage est au bois ou au gaz, selon que le refuge est situé dans une zone boisée ou pas. Le prix de la nuitée est autour de 250 SEK (en 2003) pour un adulte plein tarif. Si vous êtes membres du STF (sorte de Touring Club suédois) vous avez une réduction de 45 SEK. Il est également possible de dormir dans sa tente tout en ayant droit à l'usage de la cuisine du refuge pour environ 75 SEK par personne. C'est un compromis que nous utilisons souvent car il permet de manger avec un certain confort et de sêcher les affaires, tout en restant dans des tarifs abordables

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Refuge Akka (Akkastustugorna) ...Dans le refuge Akka


Akka - 2015m

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L'étape suivante permettrait de s'arrêter au refuge de Kisuris mais nous préférons poursuivre notre chemin. Nous traversons le lac Kutjaure et plantons notre tente près des trois ponts suspendus qui enjambent de grandes étendues d'eau à proximité du village samé de Sallohaure. Les cours d'eau sont partiellement dégelés mais les franchissements ne posent pas de problème.

Camp près des 3 pontsxxPonts supendus


Les étapes suivantes sont : Laddejakka, Arasluokta et Staloluokta. Nous ne croisons pas âme qui vive pendant ces trois jours. Seul à Staloluokta nous verrons quelques rares passages de motoneiges. Pendant deux jours nous sommes abondamment brassées par le vent, bien qu'il fasse beau. La visibilité étant bonne, cela n'empêche pas la progression, mais ça limite la conversation car on ne s'entend pas parler par grand vent !

Voir une vidéo du vent !

Sur le tronçon Arasluokta-Staloluokta nous ne suivons pas le sentier d'été indiqué sur la carte, mais faisons un détour vers l'ouest afin de profiter de la surface gelée du lac Virihaure. Il reste malgré tout trois à quatre kilomètres à parcourir sur la terre ferme, dans un terrain vallonné au possible, que nous avons trouvé plutôt énervant. Lorsqu'on se déplace en hiver, sans sentier visible, on a parfois l'impression (à tord ou à raison !) de galérer plus que necessaire. D'une part on a une certaine liberté car les surfaces d'eau sont gelées et il est souvent tentant de passer par ici plutôt que par là, mais parfois on a un doute quant à la pertinence de ses choix car le passage est finalement moins aisé que ce que l'on avait espéré. Mais pour cette fois nous n'avons pas de regrets car on nous avait fortement déconseillé de prendre le chemin d'été qui n'est qu'une interminable succession de monts et de vaux très peu adaptés aux pulkas.

Le col entre Laddejakka et Arasluokta

Le pont suspendu enjambe la rivière Miellädno
Au fond le col à 900m qu'il faut franchir entre Laddejakka et Arasluokta


Au fil des jours et des nombreuses descentes nous devenons expertes en pulka-riding ! Avec ou sans skis aux pieds, selon la raideur de la pente ou de la dureté de la neige, c'est avec une joie d'enfant que nous dévalons la moindre bosse qui se présente, assises à califourchon sur nos montures. Depuis des années que nous circulons avec une pulka nous n'utilisons jamais de barres métalliques stabilisatrices car elles gêneraient ou empêcheraient les joies du pulka-riding (ce mot n'existe pas, je l'ai inventé pour l'occasion) !

Voir la vidéo (descente vers Arasluokta)

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De Staloluokta nous bifurquons vers l'est pour monter à Tuottar qui, d'après les panneaux indicateurs, serait à 19km. Nous ne mesurons finalement que 15km avec notre GPS, et l'étape nous parait facile malgré la dénivelée positive qui mène de 600 à 900m. La montée est progressive et ne pose pas de problème même avec une pulka.

A Tuottar nous avons droit à un magnifique soleil couchant dans un décor sauvage de genèse du monde.

Tuottar - 900m


Peu après Tuottar on atteint le point culminant de la Padjelanta, vers 1000m. Ensuite on bascule définitivement dans la descente qui durera jusqu'à Kvikkjokk. De longues parties de pulka-riding nous attendent donc. A vos marques ! La première est pour tout de suite, car juste devant nous il y a une descente de 250m de dénivelée sur trois kilomètres. Un régal. On s'éclate comme des chamois sur un névé. Au bas de la pente on arrive au refuge de Tarraluoppal où nous faisons une pause d'une heure. Il est à peine midi et nous espérons faire encore une dizaine de kilomètres aujourd'hui.

Nous parvenons finalement jusqu'à une cabane indiquée par un petit point sur la carte. Elle est ouverte, un peu vetuste certes mais après un petit coup de balayette elle fera l'affaire pour cette nuit. Il y a une table, des tabourets, deux grandes banquettes sur lesquelles on peut dormir, et un poêle. Nous ne nous servirons pas de ce dernier car il est troué et de toute façon il fait bien assez chaud ces jours-ci. En effet il fait de plus en plus chaud et même la nuit les températures descendent à peine sous zéro. Il nous resterait largement de quoi tirer en logueur la descente de cette belle vallée de Tarradalen, mais l'idée d'avoir à finir en portant les pulkas sur le dos nous alarme quelque peu. Aussi nous décidons de descendre à Kvikkjokk au plus vite.

Cabane ouverte


Les deux derniers jours nous ménent à Njunjes puis à Kvikkjokk. Si on veut faire des étapes moins longues, il y a la possibilité de s'arrêter aux refuges de Sammarlappa et Tarrekaise.

Camp près de Njunjes


Dégel près de Njunjes

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Pont de neige Sur la fin du parcours (ici, près de Njunjes) nous avons parfois dû porter les pulkas sur quelques mètres. Les lacs et cours d'eau du Tarradalen étaient en cours de fonte et nous skiions sur une couche de glace sûre mais recouverte d'une péllicule d'eau.

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Durant cette randonnée nous avons eu la chance
d'observer différents animaux et d'innombrables traces.


Les
lagopèdes dans leur tenue d'hiver

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Elan Elans Elans

Une femelle élan avec son petit

Voir la vidéo des élans

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Renards
Deux
renards vus depuis le refuge de Laddejakka

Voir la vidéo des renards

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Traces de lynx

Traces de lynx

Rennes Troupeaux de rennes, symbole de la Laponie. Sur le chemin de Padjelanta nous en avons vu quelques uns qui broutaient sur les premiers mètres carrés de verdure émergeant du manteau neigeux.
 
     
 

Pour en savoir plus : infos pratiques et ma page FAQ

 
 

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