PEROU - Août 2008


Ascension du CHACHANI 6075m

Ce voyage était organisé par ATALANTE

Au sommet du Chachani 6075 m

Ma vidéo de l'ascension du Chacahni (sur youtube, durée : 3mn 40s)

Le Chachani est un volcan situé près de la ville de Arequipa dans le sud du Pérou. Il n'est pas difficile techniquement et se fait sans encordement. Il faut cependant savoir marcher correctement en crampons car parfois les parties glacières ne sont pas du tout enneigées et on se retrouve sur de la glace vive. Ce fut le cas lors de notre ascension en août 2008.

Autre avantage de ce sommet : il y a une piste carrossable en 4x4 qui mène au camp de base à 5000 m. De là on peut faire l'aller-retour au sommet en une journée, à condition d'être déjà parfaitement acclimaté bien sûr. Il faut compter 8 heures de marche du camp de base au sommet et 3-4 heures de descente.

A 300m de dénivelé au-dessus du camp de base il y a un camp d'altitude auquel on peut éventuellement passer une nuit, de sorte à faire le sommet en 2 jours. Initialement il était prévu à notre programme que nous le fassions en 2 jours, mais le guide nous proposa de tenter l'ascension directement du camp de base, en 1 jour donc. N'ayant pas d'arguments à lui opposer nous avons accepté, mais seulement 3 membres du groupe ont réussi le sommet sur 4. Je pense que si nous l'avions fait en 2 jours comme prévu, le 4ème aurait également atteint le sommet.

Si vous voulez mon avis : disons que si on est très bien acclimaté, qu'on a un bon entraînement et qu'on n'a pas gaspillé ses réserves sur le trek d'acclimatation, alors on peut le faire sans problème en 1 jour depuis le camp de base. Dans les autres cas, il serait sans doute plus judicieux de repasser une nuit au camp d'altitude, ça raccourci l'étape du sommet de 2 heures ce qui n'est pas négligeable.

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Déroulement :

Départ en 4x4 de la ville d'Arequipa par une route goudronnée qui s'élève sur les flans arides du Chachani. Le goudron fait bientôt place à une piste caillouteuse et poussiéreuse. Les véhicules montent jusqu'au camp de base avec tout le chargement mais nous déposent en cours de route afin que nous terminions les derniers 700 m de dénivelé à pied pour parfaire notre acclimatation et notre forme physique.

En arrivant au camp de base nos tentes sont déjà montées ainsi que la tente mess. L'équipe locale travaille bien, le repas est bon et tout le monde est optimiste pour demain. A 18h30 au lit ! ...Car le réveil sera très matinal.

Réveil vers 1h du matin, une demi heure pour le petit déjeuner, puis c'est le départ à la frontale dans la nuit noire. Deux heures plus tard nous arrivons au camp d'altitude où quelques personnes se préparent aussi pour aller au sommet.

La progression est assez pénible car le terrain est meuble et se dérobe sous les pieds, un vrai tas de poussière. Nous arrivons à un semblant de col au moment où le jour pointe à l'horizon. Il faut mettre les crampons car il y a une traversée de glacier à venir. Le guide ne juge pas utile de faire une pause, ce que je trouve quelque peu curieux après plusieurs heures de marche. D'ailleurs un des membre du groupe jette l'éponge ici. Malheureux mais lucide il va redescendre avec l'un des accompagnateurs locaux. Pause ou pas, moi je bois un coup et je grignote une friandise.

Premiers pas sur la neige, ou plutôt sur la glace, on n'y voit pas encore très clair, il faut faire attention où on met les pieds. Il y a même quelques mètres de cordes fixes. Devant nous je vois des frontales bouger au loin, il doit y avoir un groupe qui nous précède. Après plusieurs centaines de mètres nous retrouvons la terre ferme, il faut enlever les crampons. Cette traversée n'a fait gagner aucune altitude, au contraire ça descend légèrement. Voila qui explique pourquoi il faut 8h pour faire les 1000 m qui séparent le camp de base du sommet. Le parcours s'étire en longueur et on perd du temps car il faut mettre et enlever les crampons à plusieurs reprises.

Après une petite pause (enfin !) nous reprenons le rythme, collés au talon de notre guide. Il fait beau mais nous sommes encore à l'ombre. J'ai froid aux doigts comme d'habitude et je lutte afin de les réchauffer dans mes poches de doudoune. Comme j'ai un bâton il faut que j'alterne sans arrêt main droite main gauche.

Pfff, quelle bavante ce Chachani ! C'est interminable. Il faut encore une fois remettre les crampons pour quelques dizaines de mètres, puis les enlever. Le soleil fini par nous caresser et apporte un peu de réconfort. Au gré des pauses que nous nous octroyons nous croisons et recroisons toujours les mêmes personnes. Au sommet je crois bien que nous sommes les premiers. Peut-être est-ce ça qu'il voulait notre guide ? D'ailleurs on n'a mis que 7h et demi.

Nous voilà une fois de plus au sommet d'un 6000. Super ! On reprend ses esprits, on se congratule à grandes accolades, on savoure.

Le ciel est limpide, la vue est superbe à 360°. Le cratère sommital se trouve juste à nos pieds. Le guide nous fait le détail des montagnes qui nous entourent. Le Misti est imposant avec son joli cône volcanique posé juste à côté du Chachani. Les autres sommets sont plus lointains : Mismi, Firura, Ampato etc.

La descente se fait par le même cheminement que la montée. Elle est assez rapide et attendez-vous à être couvert de poussière à votre arrivée.

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