PEROU - Juin 1992


L'objectif principal de ce voyage fut l'ascension du HUASCARAN 6768m.

Ce sommet situé dans la Cordillère Blanche est le point culminant du Pérou, et le cinquième plus haut sommet des Andes. Il est constitué de deux sommets d'origine volcanique. Le plus haut est le sommet sud, à droite sur la photo.

Ce voyage était organisé par ALLIBERT VOYAGES


Vendredi, 19 juin 1992
Après un trekking d'acclimatation d'une semaine et l'ascension du Pisco - un sommet de 5760m - nous arrivons au village de Musho, point de départ pour la voie normale du Huascaran.

C'est sous une chaleur étouffante que nous montons à travers les eucalyptus en direction du camp de base du Huascaran situé à 4260m d'altitude. J'ai une gourde d'un litre d'eau à ma disposition, dont je prends une gorgée toutes les dix minutes. Le repas de midi ou celui d'hier soir était sans doute un peu suspect, car plusieurs personnes se sentent mal et ont des problèmes intestinaux. Les ânes qui portent nos bagages nous précèdent et lorsque nous arrivons au camp la tente-mess est déjà montée. Coca et Fanta à volonté ! Nous sommes éberlués, ils ont vraiment monté tout ça. Il faut dire que les touristes sont extrêmement rares ces dernières années, à cause des problèmes créés par le groupe terroriste du Sentier Lumineux, et les Péruviens se mettent en quatre pour satisfaire les quelques expés qui viennent. Nous sommes seuls au camp de base alors qu'il y a trois ou quatre ans les tentes se bousculaient ici.

Samedi, 20 juin 1992
D'un commun accord nous décidons de prendre un jour de repos aujourd'hui car nous n'en avons pris aucun depuis le début du voyage et nous n'avons pas de retard dans le programme. Il fait très beau et la vue sur la vallée du Santa et la Cordillère Noire est prestigieuse. Fantastique coucher de soleil pour finir la soirée.

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Dimanche, 21 juin 1992
Nous montons au camp 1 chargés comme des mulets. L'installation du camp est fatigante, il faut creuser la neige pour créer des plates-formes pour les tentes. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit que nous trouvons le temps de manger. Poulet et pâtes au menu. A notre arrivée à Lima nous avions constaté que les lyophilisés prévus pour les camps d'altitude avaient été oubliés en France. Le cuisinier a donc improvisé avec les moyens du bord. Et à bord il y avait les pauvres poulets...

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Camp 1

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Entre camp1 et camp2

Mardi, 23 juin 1992

Hier nous avons fait une tentative pour monter au camp 2 mais avons perdu beaucoup de temps pour trouver l'itinéraire sur le glacier très crevassé. Le guide a jugé plus prudent de revenir au camp 1 pour repartir de bonne heure le lendemain.

A 7h nous sommes près et partons sur nos traces d'hier. Nous progressons plus vite aujourd'hui. L'itinéraire est assez mouvementé. Nous cheminons sur un enchevêtrement de ponts de neiges et prenons nos précautions.

Trois silhouettes descendent vers nous. Ce sont des Italiens, deux hommes et une femme. Ils ont tenté le sommet hier mais sans y parvenir car l'un d'eux s'est gelé les pieds. Et pour cause : ils ne portent pas de chaussures de montagne mais seulement de simples chaussures de trekking ! Nous échangeons sourires et encouragements puis nous poursuivons notre slalom entre les ponts et les trous. Bientôt nous buttons sur une crevasse d'environ 1,5 à 2m de large. Pas très large me direz-vous, mais elle est ouverte sur toute la longueur et pas un pont de neige à l'horizon.

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La grande crevasse

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Pendant que tout le monde arrive et se stabilise au bord de la crevasse, le guide tente de traverser à l'endroit le moins large. Il ancre ses deux piolets dans la paroi d'en face et avec un bon coup de reins parvient à se hisser sur la lèvre opposée. Il installe un relais et au bout de trois quarts d'heure tout le monde est passé. Peu avant d'arriver au camp nous traversons sous d'énormes séracs dont les effondrements tout récents crissent sous nos pieds. Nous ne languissons pas trop sous ces belles masses menaçantes et établissons le camp quelques centaines de mètres plus loin.

Nous utilisons les emplacements dont se sont servis les Italiens ce qui nous épargne les efforts du déblaiement. Nous sommes entre 5900 et 6000m et toute dépense d'énergie superflue est à éviter. Ceci-dit je me sens en grande forme et commence à nourrir de réels espoirs de réussite si la météo ne vient pas tout gâcher. Il a fait beau toute la journée et il n'y a pas de raison pour qu'il n'y ait pas encore un jour de ciel bleu demain. Juste de quoi mettre le Huascaran dans la poche ! ... Çà y est, je me mets déjà à rêver.

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Suite et fin

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