Les volcans d'Equateur

Du 2 au 25 septembre 1988

    Ce voyage était organisé
par
ALLIBERT Voyages

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Ascension du Mac Kinley
En construction !

L'Equateur est un pays de l'Amérique du Sud situé, comme son nom l'indique, sur l'équateur. Aussi tout voyage dans ce pays commence immanquablement par la visite de ce globe au pied duquel vous pouvez poser pour la photo avec un pied dans chaque hémisphère !

  Au fond à droite le Pichincha

Après avoir effectué l'ascension du Fuya-Fuya, un monticule de 4000 m d'altitude, notre acclimatation se poursuit sur le Pichincha situé tout près de la capitale Quito qu'il domine de ses 4794 m. Malgré son altitude proche de celle du Mont Blanc, c'est une course de rochers uniquement. La montée se fait dans la brume et au sommet le soleil ne fera que nous effleurer, nous privant ainsi de la belle vue sur Quito.

Pichincha

 


Illiniza Norte, vu de l'Illiniza Sur

11- 12 septembre 1988

Nous faisons une tentative à l'Illiniza Sur 5263 m. Le temps est mauvais et la montée au refuge (2 heures) se fait dans le brouillard sous la neige et la grêle. Le refuge ne comporte aucun équipement. Nous faisons un peu de nettoyage et posons des bâches sur le sol sur lesquelles nous étendons nos sacs de couchage. La nuit sera courte, le réveil est programmé à 3h30. A 4h30 c'est le départ à la frontale vers le glacier. Il y a un couloir de glace à franchir et nos guides Jean-Luc et Christian installent quelques broches à glace et des cordes fixes. Elles seront très pratiques à la descente aussi. Le jour se lève mais nous sommes dans les nuages et la vue est souvent bouchée, notamment à l'approche du sommet. A quelques dizaines de mètres du but, nous brassons dans un mètre de neige et bientôt les guides estiment que le risque d'avalanche est trop élevé. Nous faisons donc demi-tour juste sous le sommet, un peu frustrés mais convaincus que c'est la bonne décision. La descente est rapide et plaisante.

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Mardi 13 septembre

Nous faisons quelques achats à Latacunga, des fruits frais ainsi qu'une pic et une pelle que nous allons offrir en cadeaux à la famille de paysans à laquelle nous allons rendre visite aujourd'hui. Ils habitent sur l'altiplano à plus de 3 700 m. Ca nous parait incroyable que l'on puisse vivre toute une vie, été comme hiver à une telle altitude.

Ils nous accueillent avec de larges sourires timides, au milieu de leurs champs d'oignons et de patates douces. Leur habitation est réduite à sa plus simple expression : quatre murs de briques surmontés d'un toit. La porte constitue la seule ouverture. A l'intérieur il fait nuit noire. Ni eau courante ni électricité.

Deux membres de leur famille sont invités à venir avec nous pour aller à la Laguna Cuicotcha qui se trouve dans un cratère de volcan. Ils n'ont jamais vu ce site et sont heureux de nous accompagner. Tous ensemble nous avons le privilège de faire un pique-nique inoubliable sur les bords du cratère de ce lieu remarquable.

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Levé de soleil sur les pentes du Cotopaxi 5897m 14-15 septembre 1988

Nous entrons dans le parc national du Cotopaxi où un élevage de lamas nous permet d'admirer ces magnifiques animaux. Non, ils ne nous ont pas craché dessus ! Dans le parc le paysage devient envoutant et lunaire comme seul un site volcanique peut l'être. Les 4x4 nous déposent à 45 mn de marche du refuge. C'est encore dans le brouillard la neige et le vent que nous couvrons les dernieres longueurs jusqu`à 4800 m. Le refuge du Cotopaxi est confortable et fort peuplé. Discussion et rigolade avec les autres groupes allemands et américains. Feu de bois et ambiance musicale. 18h30 au lit.

Réveil à 01h00, petit déjeuner à la bougie. A 02h10 départ sur la moraine. Vers 5000 m il faut mettre les crampons et s'encorder. Il neige. Quelques heures plus tard un extraordinaire lever de soleil nous baigne de lumière.

Cratère du Cotopaxi Une corde fixe est nécessaire dans une traversée car la pente fait 40 degrés et il y a des débutants parmis nous. Le sommet apparaît et le ciel se dégage peu à peu.

Vers 9h15 nous débouchons au sommet et jouissons d'une vue fantastique sur le cratère du Cotopaxi.

 
    Par temps clair on voit plusieurs autres volcans et sommets équatoriens : Illiniza Nord et Sud, Antisana, Chimborazo, Tungurahua entre autre. Au sommet du Cotopaxi il fait beau car nous sommes au-dessus de la couche nuageuse, mais lors de la descente nous retrouvons la météo du nuage qui nous réserve neige, grêle, brouillard et vent. Deux heures et demi nous suffisent pour regagner le refuge.

Les jours suivants nous faisons une incursion dans la zone tropicale et séjournons brièvement à Banos, où nous découvrons le jus de canne à sucre au bord des nombreuses piscines de cette petite cité balnéaire. L'Equateur est inégalable en matière de jus de fruit et tous les jours nous nous en régalons avec gourmandise, mangue, papaye, marcuja etc. (Jamais plus je n'ai retrouvé ces saveurs ultérieurement...)

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Vu sur le Chimborazo, depuis le refuge Whymper 19-20 septembre 1988

Le dernier sommet au programme est évidemment le point culminant de l'Equateur : le Chimborazo 6310 m. Un fois de plus le temps est couvert pour monter au refuge. Il s'agit du Refuge Whymper qui est à ce jour le refuge le plus haut du monde. Il est à 5000m !

Levé très matinal vers minuit et départ du refuge à 01h00 du matin. A peine sommes nous encordés que le vent se lève assez brutalement et nous secoue comme des pruniers. Le vent me vole un gant lors d'une fausse manoeuvre et l'emporte inexorablement. Heureusement j'ai toujours une paire de rechange dans mon sac. Le jour s'est levé. Nous sommes dans une pente assez raide et brassons dans la profonde. La progression est difficile. Le guide s'arrête et nous demande si nous voulons continuer. Christian notre deuxième guide est redescendu avec une cliente qui se gelait le bras. Personne ne lui répond. Après quelques minutes il décide de redescendre lui aussi. Ma foi, c'est vrai que la visibilité est nulle et que le danger d'avalanche est omniprésent. Personne ne proteste, retour au bercail.

Dans les années qui ont suivi, un accident très grave a eu lieu ici même. Un groupe de Français a été emporté dans la mort par une avalanche. Parmis eux il y avait aussi un de nos guides. Il avait fait chaque sommet, Chimborazo, Cotopaxi, Illiniza, des dizaines de fois et connaissait parfaitement son métier... mais la montagne reste un terrain à risques, même pour un professionnel.

Ainsi s'achève mon premier voyage dans les Andes. Il sera suivi de plusieurs autres, au Pérou, en Argentine, et en Bolivie, tous consacrés à la montagne.
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