ARARAT 5167m - DAMAVAND 5671m - Du 24 juillet au 13 août 2006


 

Ce voyage était organisé par :

SHULTZ AKTIV REISEN

voyagiste allemand basé à Dresden

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25/07/2006. Après un très beau vol au-dessus de l'Anatolie nous atterrissons à Van, ville située sur le lac du même nom à l'est de la Turquie. Le programme du tour opérateur prévoit une semaine d'acclimatation dans cette région, avant d'aller à l'ARARAT puis au DAMAVAND, point culminant de ce voyage.

A l'aéroport nous sommes accueillis par Kemal Ceven qui sera notre guide local pendant tout notre séjour en Turquie.

Après la visite de la citadelle de Van, nous prenons le bateau pour Akdamar, une petite île dans le lac Van sur laquelle se trouve une belle église arménienne du Xème siècle. Elle est en cours de rénovation depuis plusieurs années et nous ne sommes pas autorisés à y pénétrer. Mais on peut admirer à loisir les magnifiques gravures qui ornent ses murs extérieurs et qui illustrent les épisodes de la bible.

 


Eglise arménienne - Ile Akdamar

   
       

Caldera du Nemrut Dagi
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Notre premier sommet d'acclimatation est le NEMRUT DAGI 2935m. Il s'agit d'un très beau cratère volcanique que nous avons eu la chance de survoler lors du vol Istanboul-Van. Son immense caldera est sans doute une des plus grandes du monde. La voici vue d'avion, mais voyez aussi les liens ci-dessous qui vous montrent le Nemrut Dagi depuis l'espace et vous donnerons une meilleure idée de ses dimensions.

http://eol.jsc.nasa.gov/scripts/sseop/QuickView.pl?directory=ESC&ID=ISS011-E-6348

http://eol.jsc.nasa.gov/scripts/sseop/QuickView.pl?directory=ESC&ID=ISS001-E-6354

http://eol.jsc.nasa.gov/scripts/sseop/QuickView.pl?directory=ESC&ID=ISS011-E-7316

http://eol.jsc.nasa.gov/scripts/sseop/QuickView.pl?directory=ESC&ID=ISS011-E-6350

Sur le bord du cratère du Nemrut Dagi -2900m
Cratère du Nemrut Dagi

Mercredi 26/07/2006. Plusieurs pistes permettent d'accéder dans le cratère du Nemrut Dagi. Nous montons le camp sur la rive d'un petit lac dans la caldera puis faisons l'ascension du point culminant. Une très belle vue circulaire s'offre à nous sur le bord du cratère. La soirée se termine autour d'un feu de bois, agrémentée de quelques gorgées de raki, la boisson anisée locale.

Jeudi 27/07/2006. Le lendemain nous partons en véhicule vers le sommet suivant, le Suphan Dagi qui se trouve également sur les rives du lac Van. Un arrêt ravitaillement dans la ville d'Ahlat est nécessaire, Deniz notre cuisinier supervise l'achat des vivres, pendant que nous, les femmes du groupes, allons acheter un voile, accessoire qui nous sera obligatoire dans quelques jours en Iran. Notre petit groupe de touristes ne passe pas inaperçu dans les rues d'Ahlat, mais les gens sont souriants et plutôt aimables. Pendant que Kemal s'occupe des formalités pour l'Ararat, nous prenons le thé sur la terrasse d'un café.

Le Ford Transit de Ceven Travel nous dépose sur la piste vers le Suphan Dagi, nous faisons les derniers mètres à pied et montons le camp sur un grand replat qui permet à chacun d'installer sa tente bien à plat pour la nuit. La vue vers le lac Van est magnifique. De plus nous sommes seuls et apprécions ce privilège. Le groupe fait une ballade d'acclimatation de plusieurs centaines de mètres de dénivelé, ce dont je me passe bien. Nous sommes deux membres du groupe à préférer économiser notre énergie et restons au camp à bavarder avec Kemal et ses sympathiques équipiers autour d'un thé. Aux abords du camp se promènent des petits animaux qui ressemblent à nos marmottes, en plus petit. J'ignore leur nom...

Vendredi 28//07/2006 - Réveil à 2h20. Départ de nuit à 3h00 du matin. Le jour se lève heureusement très tôt ce qui facilite un peu la progression, car il n'y a pas véritablement de sentier. Il faut se frayer un chemin entre les touffes de végétation. Puis, pendant des centaines de mètres de dénivelé on est dans une sorte de gravier volcanique qui provoque comme une "reculade" à chaque pas. Les 300 derniers mètres sont les plus spectaculaires, d'abord dans une pente très raide avec risque de chutes de pierres, puis enfin dans de gros blocs plus ou moins stables qui mènent au sommet. Bref, une belle "bavante" ce Suphan Dagi ! Mais c'est un 4000m et en guise d'acclimatation pour l'Ararat il est parfait.

Après cela nous nous rendons le soir même à Dogubayazit* ce qui représente 4 à 5 heures de route. Autant dire que nous terminons la journée sur les rotules.

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Suphan Dagi et lac Van

Suphan Dagi - 4058m

Le Suphan Dagi sur la rive du lac Van.
Source photo :
http://eol.jsc.nasa.gov

Le sommet du Suphan est le monticule qui dépasse de la crête sommitale, un peu vers la droite sur la photo.

Sur cette photo satellite on peut distinguer les deux sommets que nous avons gravis en guise d'acclimatation, près du lac Van:

- le cratère rond du Nemrut Dagi 2935m, en bas à gauche

- le sommet enneigé du Suphan Dagi 4058m, au milieu de la photo

29/07/2006. Nous voilà à Dogubeyazit la ville au pied de l'Ararat. Mais le temps est couvert et ce dernier se cache à notre vue. Nous commençons par visiter l'incontournable site de l'Arche de Noé, sur lequel il n'y a rien d'autre à voir que la confirmation de la crédulité humaine. Puis arrive la partie agréable de la journée que nous attendons avec impatience : la baignade dans les eaux chaudes de Diyadin, station thermale sur le célèbre fleuve Euphrate.

Dans les eaux chaudes à Diyadin
Dans les eaux chaudes de Diyadin

J'entends déjà vos questions : mais c'est quoi ces bouteilles dans vos mains ? Eh bien, l'eau fait plus de 40°C, alors un petit rafraîchissement est le bienvenu, et avec un groupe d'Allemands (je suis la seule Française) vous vous doutez que ça ne peut être que de la bière. Quelle sorte de bière ? C'est de la bière turque de la marque EFES. Et elle est bonne ? Elle a 5% d'alcool et je l'ai trouvée bonne. Bon ça suffit les questions ! Comme vous le voyez, on s'est amusé comme des gosses et après ça au moins un tiers du groupe était enrhumé...

Dimanche 30/07/2006. 8h30 départ en camion de Dogubeyazit. Il nous dépose à 2500m puis il faut continuer à pied jusqu'au camp à 3200m. Les bagages sont montés à dos de cheval. Kemal nous propose de nous installer directement à côté d'un camp de nomades occupé par des membres de sa famille dont sa soeur. L'Ararat est encore coiffé de son nuage et nous ne l'avons toujours pas vu. Heureusement la vue sur la vallée est dégagée. On voit Dogubeyazit juste devant nous et vers l'est nous lorgnons pleins de curiosité vers notre prochaine destination, l'Iran, dont la frontière n'est qu'à une trentaine de kilomètres.

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Ararat - Vue du camp 1 vers Dogubeyazit
Panorama du camp 1 - à gauche vue vers l'Iran, à droite vers Dogubeyazit


Camp de semi-nomades Kurdes sur les flans de l'Ararat

Lundi 31/07/06. Très beau temps. L'Ararat se montre enfin. Au lieu de faire un jour de repos, le groupe trouve utile de faire encore une montée d'acclimatation en direction du camp 2. Faites, faites ! Moi je reste ici à buller, pas question de me farcir encore 1000m de dénivelé pour rien. Nous sommes donc deux, toujours les mêmes, à tirer au flanc pendant que les autres s'acclimatent bien sagement.

Nous en profitons pour visiter nos voisins nomades. A vrai dire ils sont semi-nomades et restent ici seulement les quelques mois d'été. Le reste de l'année ils habitent dans un village au pied de l'Ararat. Pour l'anecdote je précise que nous sommes ici dans la région où la grippe aviaire avait fait plusieurs morts dans une même famille en janvier 2006. De ce fait le tourisme s'était effondré, mais j'espère que les choses reprendront leur cours bientôt afin que ces familles puissent à nouveau gagner un peu d'argent, en fournissant les guides et les chevaux pour le portage des bagages sur les pentes de l'Ararat. Les Kurdes qui vivent ici sont accueillants serviables et discrets. A aucun moment les enfants ne sont venus nous envahir ou quémander un bakchich, ce qui est pourtant fort fréquent dans beaucoup de pays.

J'observe avec étonnement qu'ici aucun animal n'est attaché ou en enclos. Si on voit effectivement des moutons errer librement dans beaucoup de pays, il est plus rare de voir les chevaux, ânes, et chiens batifoler en toute liberté 24h sur 24.

Famille Kurde Kangal - Berger d'Anatolie

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ARARAT - 5167 m

Le sommet de l'ARARAT vu du camp 1 de la voie normale

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Voie normale du mont ARARAT

Camp 1 - 3200 m
Camp 2 - 4200 m
Sommet du Mont Ararat - 5167 m

Mardi 1/8/2006. Environ trois heures de montée jusqu'au camp 2. Le camp s'échelonne entre 4100 et 4200m. Comme il n'y a pas grand monde nous nous installons aux premiers emplacements libres, à 4130m environ. Au-dessus il y a quelques tentes avec des Italiens, Allemands et Turcs. J'échange aussi quelques mots avec un Canadiens et un Norvégien qui tente actuellement de battre un record original. Sindre Sorhus veut être le plus rapide à faire l'ascension du point culminant de chaque pays d'Europe. Il y en a 47 sur sa liste. Le record à battre est de 2 ans 3 mois et 3 jours, détenu par un Anglais Rob Baber. Vous pouvez suivre sa tentative sur son site http://www.t3m.info

J'ai aussi l'occasion de dire enfin quelques phrases en français avec un couple de Polonais. La fille me dit avoir fait sa maîtrise à Strasbourg (c'est là que je travaille !) et en plus elle porte presque le même prénom que moi. Isabella, si tu te reconnais en lisant ces lignes, écris moi un mail ! En effet je pensais les revoir le lendemain mais ce ne fut pas le cas malheureusement et donc je n'ai pas leurs coordonnées.

18h, le repas du soir se passe en plein air et il fait un peu frais. Nous ne traînons pas, et de toute façon c'est l'heure d'aller au lit car la nuit sera courte. Le réveil est prévu à 2h du matin.

ARARAT Camp 2 - 4130m
Ararat - Camp 2 - environ 4100 à 4200 m

Mercredi 2 août 2006. A 3h15 le groupe se met en route à la lueur des frontales, derrière Mehmet le frère de Kemal, qui sera notre guide pour le sommet. Aux premières lueurs du jour nous constatons que l'Ararat est dans la brume. Les chances d'avoir une belle vue d'en haut sont minces.

Le sentier s'élève sans difficulté technique dans de la pierraille volcanique et monte assez directement, sans détours inutiles. L'ascension prend à peine 5 heures. Environ 150m sous le sommet nous abordons le glacier. Dans le vent et le grésil nous mettons les crampons pour quelques centaines de mètres de marche.

On n'y voit pas grand chose. Bientôt je distingue Mehmet qui lève les bras dans le brouillard devant moi. Ah, nous voilà au sommet ! Eh bien, le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne se voit pas... Contents d'être là nous gesticulons dans le brouillard en signe de victoire. La conversation est limitée par le niveau sonore du vent, mais nous échangeons tout de même le traditionnel "Berg Heil !" qui est le mot de félicitation mutuelle des Allemands lorsqu'ils arrivent sur un sommet. Tout les membres du groupe ont réussi l'ascension et ça c'est génial !

Sur ma lancée je continue à faire "Berg Heil" avec les gens qui m'entourent, mais visiblement certains ne comprennent pas l'allemand. Bah, avec les capuches tirées jusque sur le nez on ne voit plus à qui on a affaire, et sur un sommet il est courant de congratuler tout le monde, même ceux que l'on ne connaît pas.

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Au sommet de l'ARARAT - 2 août 2006  

2 août 2006 - Au sommet de l'Ararat - Visibilité nulle...

La descente sur le glacier a tôt fait de nous montrer les dangers du brouillard. Après quelques centaines de mètres à peine nous perdons de vue les premiers du groupe et le guide Mehmet. C'est là qu'on voit les "randonneurs du dimanche" ! Mais n'ayez crainte, en mettant le nez par terre pour repérer les traces de crampons nous retrouvons rapidement le gros des troupes.

En quittant le glacier nous déchaussons les crampons et constatons que la neige a recouvert le sentier entre-temps. On se rend compte combien il est indispensable d'avoir un guide local qui connaît très bien la montagne. Suivre un sentier par grand beau temps est à la portée de tout le monde, mais repérer dans le brouillard un chemin enneigé sans la moindre trace, est une autre affaire. D'où l'intérêt de passer par une agence locale avec des guides expérimentés.

Un peu devant nous il y a un groupe qui lui, justement, a un "faux" guide, qui de toute évidence n'a jamais mis les pieds sur l'Ararat et qui semble cafouiller pour trouver la descente. Il ralentit et attend visiblement que notre super-Mehmet prenne les devants. Mais Mehmet a compris son manège et, l'air de rien, reste derrière. Le faux guide fini par s'arrêter et se retourne... une conversation s'engage, en kurde se suppose, ou en turc. Toujours est-il que le ton monte et que notre Mehmet, jusqu'ici si discret et si gentil, sort de son registre habituel et passe un savon à son compatriote.

Puis ça se calme et Mehmet finit par passer devant en bougonnant et en nous traduisant de son mieux : "If you ask .... some sheep shepherd.... in the city.... not guide.... no permit....", etc. Bon, j'espère que vous avez compris : il est fortement déconseiller de faire l'Ararat sans autorisation avec un guide "à la noix" harangué sur un trottoir à Dogubeyazit !

Plus bas la météo redevient plus clémente. De retour au Camp 2 nous prenons le temps de prendre un thé, puis il faut démonter les tentes pour descendre au Camp 1 où nous dormirons ce soir. Les chevaux sont déjà là et attendent leur chargement.

Dans la descente nous croisons d'innombrables randonneurs qui montent au camp 2. Le contraste est saisissant, hier il y avait une douzaine de tentes seulement, dont la moitié pour notre groupe, et ce soir il y en aura plusieurs dizaines. Il y a heureusement de nombreux emplacements qui ont été aplanis et débarrassés des cailloux, car le camping sur les grosses bombes volcaniques risque d'être plutôt inconfortable.

Peu avant d'arriver au camp 1 nous faisons une halte "à la tente bleue", car on y vend de la bière ! Deux fois son prix bien sûr, mais nous l'avons bien méritée après 1000m de montée et 2000m de descente. Pendant que nous nous abreuvons de ce nectar, nous voyons débouler un groupe d'étudiants iraniens. Surpris ainsi en plein "alcoolisme" nous les saluons un peu gênés en essuyant nos moustaches de mousse. Il faut dire que la rencontre avec un groupe d'Iraniens n'est pas une rencontre comme une autre. Il faut voir avec quel entrain ils se dirigent vers vous, vous adressent immédiatement la parole, avec des regards pétillants de plaisir et de curiosité. En vingt ans de voyage dans de multiples pays, je ne me souviens pas avoir vécu un tel moment, à la fois furtif et merveilleux. Le merveilleux est toutefois tempéré par le constat que les filles portent toutes le voile...

3, 4 et 5 août 2006. Les deux jours suivants sont consacrés à des activité plus reposantes. Une visite de l'incontournable palais Ishak Pasa s'impose. Magnifiquement perché sur une hauteur, il offre une vue imprenable sur Dogubeyazit et ses environs. C'est un château turc du 17è siècle, qui a aussi servi de caravansérail sur la route de la soie. Il est ouvert au visiteurs.


Ishak Pasa Palace

Lac Balik Gölü

Afin d'échapper à la chaleur estivale qui règne à Dogubeyazit, nous passons une journée entière près du lac Balik Gölü situé à 2300m d'altitude. Il y fait moins chaud et la baignade dans le lac est la bienvenue. L'endroit est magnifiquement calme et agréable. Il en émane une impression de nature intacte, où la main de l'homme n'a pas encore sévi. J'imagine aisément le carnage bétonné que nous lui aurions fait subir s'il était situé en France.

L'homme est pourtant là, et depuis des lustres. Au loin sur l'autre rive un minaret pointe vers le ciel, témoignant de la présence d'un village. Et parfois surgit de derrière l'horizon, un berger avec son troupeau de moutons qui glissent silencieusement d'une colline à l'autre. Une image biblique en quelque sorte, qui laisse à penser que le mode de vie semble figé depuis des millénaires. Mais ne nous y trompons pas, certes il n'y a pas d'usines, pas de complexes industriels modernes, mais j'observe que presque chaque maison possède son antenne satellite sur le toit, que le berger a son téléphone portable, et que ses enfants apprennent l'anglais à l'école, ce qui me rassure plutôt.

De retour du lac Balik Gölü, le groupe se sépare, car seulement 8 clients sur 12 ont prévu de poursuivre le voyage jusqu'en Iran. Sur le bord de la route nous disons au revoir, à regret, à 4 membres du groupe qui retournent à Van, pendant que les autres reviennent à Dogubeyazit*.

Dimanche 6 août 2006. Poursuite du voyage vers l'Iran. Passage de la frontière à Bazargan Border - Gürbulak.

* On trouve les deux orthographes : Dogubeyazit ou Dogubayazit


Notre groupe "Ararat" au complet - Détail

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