ASCENSION DE L'ACONCAGUA - Janvier 1990

Expédition organisée par "Allibert Voyages"


Source photo satellite : NASA http://eol.jsc.nasa.gov

  C'est depuis la ville de Mendoza en Argentine que l'on se rend à Puente del Inca 2700m, point de départ de la marche d'approche. Il y a là des sources d'eau chaude qui rendent la toilette bien agréable, surtout au retour de la montagne. Le paysage est aride et se caractérise par une extraordinaire variété de couleurs.
  La marche d'approche mène de Puente del Inca au camp de base appelé "Plaza de Mulas" à 4200m. Un quarantaine de kilomètres que l'on peut faire en deux étapes. Mais nous resterons une journée entière à Confluença, à mi-chemin, pour nous acclimater...
  ...L'occasion d'aller faire un tour vers la face sud de l'Aconcagua. Cette face est très belle et surtout très impressionnante, contrairement à celle dans laquelle se trouve la voie normale. Quelques belles pages d'andinisme s'y sont écrites, mais elle continue malheureusement de coûter la vie à de brillants alpinistes. Le cimetière à son pied en est le triste témoin.
  LE CAMP DE BASE - Plaza de Mulas - 4200m
  Les pénitents sont des formations de glaces typiques à l'Amérique du Sud (dumoins je n'en ai jamais vu ailleurs). Ils peuvent atteindre plusieurs mètres de haut et sont dus à l'action du vent nous a t'on dit. Ils sont aussi photogéniques qu'infranchissables.
  Après une journée de repos au camp de base nous partons très chargés vers les camps supérieurs. Il n'y a pas de porteurs. Chacun porte ses affaires ainsi qu'une partie des charges communes que le guide a réparti de façon équitable grâce à un peson.

Nous passons une nuit au "camp des Autrichiens" d'où nous faisons un portage jusqu'au camp suivant appelé "Nido de Condores"

  La voie normale se déroule entièrement sur un sentier (sauf les 300 derniers mètres de dénivelé) et ne présente pas de difficultés techniques. Pas de problèmes de crevasse, ni d'avalanche. Nul besoin de s'encorder, ce qui facilite énormément la progression puisque chacun peut aller à son rythme.
  Vers 6000m nous arrivons au camp appelé "Berlin". C'est le dernier camp avant le sommet. Nous avons beaucoup de mal à y trouver de l'eau. Seul quelques mini-pénitents de glace y subsistent en cette fin d'été. Ils sont durs comme du béton et très sales. Une fois fondu dans la casserole il ne faut pas y regarder de trop près et vite y diluer le sachet de soupe.
  Nous sommes en terrain volcanique, et ça se voit. De curieux blocs déchiquetés nous entourent comme autant de sculptures rares.

La nuit est rude à 6000m et j'ai un peu froid dans mon sac de couchage. Nous sommes à trois dans notre tente et ce n'est pas très confortable.

Mais peu importe, demain c'est le grand jour !

  La météo est belle et rien ne s'oppose à une tentative pour le sommet aujourd'hui.

C'est au levé du jour que notre groupe se met en route. Bertrand, notre guide, emmène son petit monde à petits pas lents et réguliers. Il connait bien cette montagne et y a même volé en parapente. Nous progressons bien et réussissons à rester grouper jusqu'à "Independencia" où se trouve un petit abri en mauvais état (la construction en bois sur la photo).

  A l'entrée de la canaletta, l'immense pierrier qui mêne au sommet, le groupe s'effiloche progressivement. C'est la première fois que je me trouve à une telle altitude. Je suis à la fois heureuse de battre mon record d'altitude et étonnée de m'y porter si bien.
  Je n'ai pas de problème avec l'altitude mais il n'empêche que l'on souffre beaucoup dans cette canaletta. Des heures interminables à tituber dans des blocs instables. Heureusement que l'on m'a prêté un bâton. Habituellement je m'en passe très bien mais ici il m'est d'un grand secours.

Bientôt je vois le sommet approcher et l'émotion monter en moi. Je suis submergée par cette sensation de joie que je n'avais pas senti arrivée tant j'étais dans ma souffrance de mettre un pied devant l'autre.

  Mais là, brusquement tout s'arrête et l'on est sur le toit de l'Amérique.

FANTASTIQUE !

Voilà mon premier 7000 dans la poche. D'accord il ne fait que 6969m officiellement, mais il est tout de même plus près de 7000 que de 6000.

  Du sommet on a une vue plongeante sur la très impressionnante face sud. La vue s'étend à des centaines de kilomètres à la ronde sur les Andes chiliennes et argentines.
  En 1990 il n'y avait pas encore de refuge au camp de base. Mais les travaux venaient de commencer et nous avons rendu visite aux ouvriers qui travaillaient aux fondations. Quelques-uns parmi nous ont même pu téléphoner chez eux avec leur téléphone de campagne (à 20 dollars les deux minutes !)
  La principale difficulté de la voix normale de l'Aconcagua est la haute altitude. Les effets du manque d'oxygène et de pression, combinés à des températures très basses, contribuent rapidement à la formation de gelures. D'ailleurs notre groupe n'y a pas échappé et un membre s'est aperçu en revenant du sommet qu'il avait quelques doigts bleus. Nous avons aussi eu le triste privilège de voir le corps d'un allemand redescendre à dos de mule. Il s'est perdu à la descente, dans le brouillard et la nuit et est mort de froid et d'épuisement.

 

Page très complète pour ceux qui veulent tenter l'Aconcagua :
http://www.summitpost.org/show/mountain_link.pl/mountain_id/11

Un site français sur l'Amérique du Sud: www.abc-latina.com

 

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Auteur : Isabelle Meyer. Textes et photos ©Tous droits réservés.


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