 |
|
C'est depuis
la ville de Mendoza en Argentine que l'on se rend à
Puente del Inca 2700m, point de départ de la marche d'approche.
Il y a là des sources d'eau chaude qui rendent la
toilette bien agréable, surtout au retour de la montagne.
Le paysage est aride et se caractérise par une
extraordinaire variété de couleurs. |
 |
|
La marche d'approche
mène de Puente del Inca au camp de base appelé "Plaza
de Mulas" à 4200m. Un quarantaine de kilomètres
que l'on peut faire en deux étapes. Mais nous resterons
une journée entière à Confluença, à mi-chemin, pour
nous acclimater... |
 |
|
...L'occasion
d'aller faire un tour vers la face sud de l'Aconcagua.
Cette face est très belle et surtout très
impressionnante, contrairement à celle dans laquelle se
trouve la voie normale. Quelques belles pages d'andinisme
s'y sont écrites, mais elle continue malheureusement de
coûter la vie à de brillants alpinistes. Le cimetière
à son pied en est le triste témoin. |
 |
|
LE CAMP DE
BASE - Plaza de Mulas - 4200m |
 |
|
Les
pénitents sont des formations de glaces typiques à l'Amérique
du Sud (dumoins je n'en ai jamais vu ailleurs). Ils
peuvent atteindre plusieurs mètres de haut et sont dus
à l'action du vent nous a t'on dit. Ils sont aussi
photogéniques qu'infranchissables. |
 |
|
Après une
journée de repos au camp de base nous partons très
chargés vers les camps supérieurs. Il n'y a pas de
porteurs. Chacun porte ses affaires ainsi qu'une partie
des charges communes que le guide a réparti de façon
équitable grâce à un peson. Nous passons
une nuit au "camp des Autrichiens" d'où nous
faisons un portage jusqu'au camp suivant appelé "Nido
de Condores"
|
 |
|
La voie
normale se déroule entièrement sur un sentier (sauf les
300 derniers mètres de dénivelé) et ne présente pas
de difficultés techniques. Pas de problèmes de crevasse,
ni d'avalanche. Nul besoin de s'encorder, ce qui facilite
énormément la progression puisque chacun peut aller à
son rythme. |
 |
|
Vers 6000m
nous arrivons au camp appelé "Berlin". C'est
le dernier camp avant le sommet. Nous avons beaucoup de
mal à y trouver de l'eau. Seul quelques mini-pénitents
de glace y subsistent en cette fin d'été. Ils sont durs
comme du béton et très sales. Une fois fondu dans la
casserole il ne faut pas y regarder de trop près et vite
y diluer le sachet de soupe. |
 |
|
Nous sommes
en terrain volcanique, et ça se voit. De curieux blocs
déchiquetés nous entourent comme autant de sculptures
rares. La nuit est
rude à 6000m et j'ai un peu froid dans mon sac de
couchage. Nous sommes à trois dans notre tente et ce n'est
pas très confortable.
Mais peu
importe, demain c'est le grand jour !
|
 |
|
La météo
est belle et rien ne s'oppose à une tentative pour le
sommet aujourd'hui. C'est
au levé du jour que notre groupe se met en route.
Bertrand, notre guide, emmène son petit monde à petits
pas lents et réguliers. Il connait bien cette montagne
et y a même volé en parapente. Nous progressons bien et
réussissons à rester grouper jusqu'à "Independencia"
où se trouve un petit abri en mauvais état (la
construction en bois sur la photo).
|

|
|
A l'entrée
de la canaletta, l'immense pierrier qui mêne au sommet,
le groupe s'effiloche progressivement. C'est la première
fois que je me trouve à une telle altitude. Je suis à
la fois heureuse de battre mon record d'altitude et
étonnée de m'y porter si bien. |
 |
|
Je n'ai pas
de problème avec l'altitude mais il n'empêche que l'on
souffre beaucoup dans cette canaletta. Des heures
interminables à tituber dans des blocs instables.
Heureusement que l'on m'a prêté un bâton.
Habituellement je m'en passe très bien mais ici il m'est
d'un grand secours. Bientôt
je vois le sommet approcher et l'émotion monter en moi.
Je suis submergée par cette sensation de joie que je n'avais
pas senti arrivée tant j'étais dans ma souffrance de
mettre un pied devant l'autre.
|
 |
|
Mais là,
brusquement tout s'arrête et l'on est sur le toit de l'Amérique. FANTASTIQUE
!
Voilà mon
premier 7000 dans la poche. D'accord il ne fait que 6969m
officiellement, mais il est tout de même plus près de
7000 que de 6000.
|
 |
|
Du sommet on
a une vue plongeante sur la très impressionnante face
sud. La vue s'étend à des centaines de kilomètres à
la ronde sur les Andes chiliennes et argentines. |
 |
|
En 1990 il n'y
avait pas encore de refuge au camp de base. Mais les
travaux venaient de commencer et nous avons rendu visite
aux ouvriers qui travaillaient aux fondations. Quelques-uns
parmi nous ont même pu téléphoner chez eux avec leur
téléphone de campagne (à 20 dollars les deux minutes !) |
 |
|
La
principale difficulté de la voix normale de l'Aconcagua
est la haute altitude. Les effets du manque d'oxygène et
de pression, combinés à des températures très basses,
contribuent rapidement à la formation de gelures. D'ailleurs
notre groupe n'y a pas échappé et un membre s'est
aperçu en revenant du sommet qu'il avait quelques doigts
bleus. Nous avons aussi eu le triste privilège de voir
le corps d'un allemand redescendre à dos de mule. Il s'est
perdu à la descente, dans le brouillard et la nuit et
est mort de froid et d'épuisement. |